La chirurgie bariatrique en questions

Se faire opérer quand on souffre d’hyperphagie est-elle la solution ?

Une soirée au restaurant entre amis. Une discussion. Un partage. Une confidence.  Mon amie m’apprend qu’elle se fait retirer la moitié de l’estomac dans le cadre d’une démarche médicale, qui lui faciliterait la perte de poids. Poids dont elle souffre depuis longtemps et qui ne lui permet plus d’avoir une vie normale. Elle n’arrive plus à se déplacer sans s’essouffler. Elle ne peut plus s’habiller comme elle le souhaite. Elle ne parvient plus à faire du sport. Ses relations intimes sont compliquées. 

Ma réaction de surprise la blesse et crée un grand malaise pour le reste de la soirée.

En vérité, j’ai cédé à l’émotion qui a été la mienne : une profonde tristesse. Chaque fois par le passé, où j’ai appris qu’une personne chère à mon cœur choisissait une telle intervention, le même nœud au ventre, la même sensation d’impuissance. Je suis tellement désolée qu’elles en arrivent à ce que je considère comme une mutilation. N’y a-t-il pas des solutions moins invasives pour régler ce problème de poids? Ce problème de poids n’en cache-t-il pas d’autres bien plus profonds ? Toutes ces questions me renvoient à mes souvenirs d’enfant et  à  l’histoire de ma mère.

Après cette soirée, je décide de me renseigner car je m’interroge sur l’efficacité de cette intervention. Pourquoi la chirurgie bariatrique est-elle si attirante pour les personnes souffrant d’obésité ?

Ariane Grumbach, experte en la matière, diététicienne anti-régime, défendant la diversité corporelle et membre référencée du G.R.O.S. (Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids) me répond : Selon elle, on manque encore de recul sur la chirurgie bariatrique, mais à priori les suites ne sont pas toujours très gaies psychologiquement ou en termes de poids. Une prise en charge du comportement alimentaire est recommandée en amont car si les problèmes ne sont pas réglés, ils réapparaissent après la période “lune de miel”.

Je m’interroge sur le prix à payer en termes d’efforts et de renoncements pour retrouver un corps dans lequel on se sent bien. Je m’inquiète des risques et des conséquences : comment se débrouiller avec les grandes contraintes alimentaires que cette opération implique? Comment accepter les contrôles de suivi réguliers et l’inquiétude qu’ils suscitent ? Mes lectures sur internet ne font que multiplier mes questions. Quelles conséquences sur leur quotidien et celui de leur entourage ? Comment apprivoise-t-on un corps qui change si rapidement ? Comment concilier vie sociale et restriction alimentaire ? 

Mon amie, dont le choix était mûrement réfléchi, s’est faite opérer. Maintenant une autre question apparaît : comment la soutenir pour qu’elle réussisse ce bouleversement radical ? 

Changer de corps n’apporte pas toujours ce que l’on croît

Passer d’un corps corpulent à un corps mince n’est pas anodin.

Bien des femmes qui ont réussi à perdre du poids ne se sont pas reconnues et ont eu du mal à trouver l’équilibre qu’elles pensaient trouver. Elles se retrouvent encore plus démunies et seules face à ce qu’elles vivent.

L’une de mes cliente souffrait de dépression après avoir perdu 40 kilos et regrettait son ancien corps, où elle se sentait davantage en sécurité.

D’autres qui ont la sensation d’être enfin libres dans leur nouveau corps changent tellement que leur entourage en est complètement bouleversé.

Le poids que l’on porte dit quelque chose de qui ntre histoire mais ne nous définit pas.

Or quand depuis des années, on s’est identifié au corps, en changer atteint notre identité et perturbe notre vie.

Hyperphagie et problème de poids vont ensemble mais le deuxième est la conséquence du premier

Pas toutes les personnes qui souffrent d’obésité sont concernées par l’hyperphagie, mais un grand nombre d’entre elles oui.

Dans les deux cas, l’attention est mise sur l’alimentation ou un système comme la chirurgie bariatrique afin de faire baisser le poids.

L’obésité est aujourd’hui une des premières causes de mortalité  dans le monde. Alors, il est important de prendre le facteur poids très au serieux, mais si la cause de ce poids provient de l’hyperphagie, alors il est absolument nécessaire de traiter aussi ce problème.

L’hyperhagie, elle, est un problème multi factoriel puisqu’il touche à la fois la psyché humaine, le comportement, le corps physique, la cognition (la manière de penser), les émotions.

Chez les personnes souffrant d’hyperphagie, la nourriture n’est finalement que le moyen utilisé pour combler un vide abyssal, panser une blessure primaire… comme l’alcool peut l’être pour une personne souffrant d’alcoolisme.

Enlever l’alimentation n’étant pas possible, les traitements visent à rééduquer.

Mais le problème premier n’étant pas alimentaire , c’est comme si on se trompait de cible.

Sur quoi porter son attention alors ? Le poids ou l’hyperphagie ? 

Quand le poids met la vie de la personne en danger, il est absolument nécessaire de prendre en charge ce problème.

Mais s’il est relié à l’hyperphagie, alors il est encore plus nécessaire de mettre aussi son attention sur l’hyperphagie.

Traiter le fond du problème permet la résolution en cascade de ce qui en découle.

Na pas le prendre en compte ou le mettre au second plan, c’est déplacer le problème dans le temps.

Combien ont été suivi pour le poids avec des règles à respecter, des cahiers alimentaires à tenir?  Combien ont trouvé la paix alimentaire et corporelle ?

Je n’en connais pas.

Dans ma clientèle, ce sont souvent ces femmes déçues de cette voie qui viennent vers moi.

Elles ont tout essayé, fait tous les régimes, connaissent la diétiétique mieux qu’un nutritionniste et pourtant elles ont repris le poids perdus et n’ont toujours pas fait la paix avec l’alimentation.

Quelles autres solutions alors quand tout a échoué ?

Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. 

Quand on a le nez dans le guidon, c’est difficile de voir l’horizon

Pourtant regarder plus loin, envisager un autre possible, c’est déjà le début de la résolution du problème.

Une des questions que j’aime poser c’est :

Qu’as-tu à gagner à perdre du poids ou à arrêter les compulsions alimentaires ?

Une autre c’est :

Qu’est-ce que cela t’apportera de ne plus vivre ce que tu vis ?

Et celle-ci je la pose en boucle jusqu’à ce que la personne atteigne un espace en elle vibrant. Une émotion.

Pourquoi ? Parce que cela signifie que l’on a trouvé le pourquoi du chemin que l’on désire entreprendre. Un chemin qui n’est pas facile parce qu’il demande d’aller se confronter à de vieilles histoires non résolues que l’on préfèrerait mettre sous le tapis.

Sauf que la vie elle nous ramène des expériences pour qu’on regarde bien en face ce qu’on s’évertue à manger.

Alors avoir en perspective le pourquoi on s’engage permet d’accéder à la bonne destination.

L’ hyperphagie est une prison

La bonne destination, ce n’est pas un poids sur une balance.

Sortir de la prison alimentaire dans laquelle tu es enfermée t’ouvre les portes d’un espace qui est merveilleux qui s’appelle la liberté d’être Soi.

Ce Soi qui aujourd’hui est planqué sous les voiles de ce qui t’a construit. Mais chacun de ces voiles peuvent être enlevés avec beaucoup de douceur de manière à ce que ce qui tu devient, soit vraiment, qui tu désires être

La chirurgie bariatrique est à prendre avec beaucoup de précaution pour éviter d’aggraver le problème existant

Si tu désires en parler , reserve ton appel