L’hamburger végétarien

La street food, vous connaissez ?

Je préfère cette appellation à celle qu’on lui attribue d’ordinaire.

Pour moi, manger ne rime pas avec rapidité.

Bien au contraire.

Alors que dans Street food, c’est plutôt le lieu qui nous est renseigné.

Manger dehors…

Un petit air de vacances même si c’est en marchant, ou comme avec Elsa quand elle est venue à la maison et que les premiers rayons de soleil nous ont fait croire que le printemps s’était bel et bien installé.

Et qu’avec les buns préparés pour la soirée, nous avons réitéré le délice sous les rayons chaud du soleil.

Pour faire des hamburgers végétarien, j’ai l’habitude de préparer mes buns briochés inspirés d’un livre de recettes naturelles d’inspiration urbaine intitulé Street Food Bio de Géraldine Olivo & Myriam Gauthier-moreau

Pour 4 Buns :

🥄300g de farine
🥄16cl (160ml ou 160g) de lait de soja
🥄2cs d’huile d’olive
🥄1cc de sel
🥄2cs de sucre de canne brun
🥄20g de levure de boulanger fraiche ( 1 sachet de levure de boulanger sèche)
🥄2cs de graines -au choix : sésame, pavot, lin…)

Pour dorer : 🥄un jaune d’œuf + 🥄2cs de lait de soja

Émiettez la levure avec le lait de soja tiède. Laissez reposer 5 minutes. Incorporez farine, sucre, huile et mélangez.

À la main, pétrir une douzaine de minutes

Au robot trois à quatre minutes

On doit obtenir une pâte souple, élastique et non collante.

Divisez la pâte en 4 boules. Farinez-les. Les déposer sur la plaque du four recouverte d’un papier sulfurisé. Recouvrez d’un torchon ou d’un film plastique. Laissez pousser entre 1h30 et 2h.

Préchauffez le four à 180°C.

Dorez les buns de la dorure préalablement préparée. Parsemez des graines choisies.

Faire cuire entre 17 et 20 minutes

Laissez refroidir avant de couper en 2 pour les garnir.

Pour les miens, j’ai choisi d’y mettre

  • Des lamelles de poivrons cuits au four

  • Des morceaux d’avocat (parfois si j’ai fait un guacamole, alors je « beurre mes buns de cette préparation)

  • Un morceau de tofu fumé

  • quelques pincées de piment de cayenne

J’ai accompagné le tout d’une fricassée de carottes/courgettes.

Vous pouvez, selon vos goûts, laisser parler votre créativité.

Maintenant, vous n’avez plus qu’à vous régaler.

 

Faire son deuil avant de renaître

Jour J – 2. J’aurais aimé écrire que je me sens confiante, sereine et remplie de joie à l’approche de mes 50 ans. En vérité, plus le terme approche, et plus je me sens agitée. Cette agitation ne ressemble pas à de l’excitation comme lorsqu’on attend un rendez-vous amoureux. Je voudrais fuir.
J’ai beau me raisonner. Me dire que ce jour là, il n’y aura pas grand chose de différent de la veille ou de l’avant veille. J’ai beau savoir que je ne vais pas me transformer complètement, que ce soit physiquement comme psychiquement, d’un seul coup d’un seul. Ce cap me trouble plus que je ne l’imaginais.
Peut-être parce que je ne trouve pas de modèle auquel me référer. J’ai bien des femmes “mûres” (je déteste ce mot) qui m’inspirent : Christiane Singer, Agnès Jaoui, Clémentine Célarié, Catherine Ringer, Juliette Binoche, Fanny Ardant… Pour autant, je n’arrive pas à me rassurer.
De quoi ai-je si peur finalement? Du deuil que je vais devoir faire. Le deuil auquel mon corps me prépare. Je le sens par des signes infimes. Moi qui suis réglée comme une horloge, des saignements viennent alors que ce n’est pas le moment. Mon ventre se rappelle à moi par des douleurs subtiles.
Avoir 50 ans dans notre société qui valorisent la jeunesse, c’est passer de l’autre côté. Bien sûr, je ne serai pas encore vieille. Cela aurait été le cas il y a à peine 50 ans pourtant. Mais je rentrerai dans la catégorie des “senior”. Cette classification m’insupporte.

Accepter le temps qui passe. Accueillir les changements qui lui incombent comme ces cheveux blancs que je souhaite apprivoiser. Je cultive cela à travers mes lectures, la méditation, le yoga ou encore le travail personnel que j’ai pu faire. Pourtant, il suffit d’un regard tordu comme celui de Yann Moix qui est “incapable d’aimer une femme de 50 ans parce qu’il trouve “ça trop vieux”, pour rappeler qu’avoir cet âge pose encore problème.
Cette agitation est donc teintée de tristesse et de colère. Ce n’est pas très confortable, mais c’est naturel dans le processus de deuil, non? Viendra le temps de vivre pleinement mes 50 ans. Pour cela, je dois d’abord les célébrer…

Mon corps et moi, une histoire d’amour

Mon corps et moi, une longue histoire. Une histoire de bientôt 50 ans.
Notre relation s’est dégradée à l’adolescence. J’avais toujours quelque chose à lui reprocher. Je n’aimais ni mes cuisses, ni mon ventre. Je trouvais mes seins trop petits. Je teignais et lissais mes cheveux pour ressembler à ces femmes qui me plaisaient. Quand j’estimais être trop grosse, je dissimulais mes formes derrière des vêtements amples. Pour tenter de conformer mon corps à l’image que je m’en faisais, je lui faisais subir à peu près tout ce qui permettait de le contrôler. Des régimes en tout genre au sport sans plaisir , en passant par la chirurgie esthétique, je testais tout ce qui promettait un corps irréprochable.

J’ai mis vingt ans à apprendre et à comprendre que le contrôle de mon corps ne me mènerait jamais à la vie belle et légère à laquelle j’aspirais.
Puisque vingt ans de guerre n’avait pas apporté la paix, j’allais faire autrement. J’ai donc entrepris un travail d’exploration intérieure. Un travail de guérison des blessures intimes. Un travail de réconciliation transgénérationnel. J’allais ainsi apprivoiser mon corps et apprendre à l’aimer tel qu’il est. J’allais lui offrir un regard plus doux. J’allais lui apporter des gestes plus tendres. J’allais arrêter de le modeler à ma guise et lui laisser la liberté d’exister.

À l’aube de mes 50 ans, certains signes me donnent à voir l’évolution de mon corps. Des rides autour des yeux et des lèvres apparaissent. Quelques traits du visage s’affaissent. Des cheveux blancs éclosent ici et là dans ma chevelure. La vue baisse. D’autres interrogations s’invitent. Comment apprivoiser un corps vieillissant ? Comment appréhender la ménopause ? Comment nourrir le désir amoureux avec le temps ?
Ensemble mon corps et moi, avec cette intention de garder une relation harmonieuse et vivante, j’ai confiance que nous saurons trouver les ajustements qui nous conviennent. Aujourd’hui, J’ai simplement envie de me rappeler qu’il ne sert à rien de combattre.

La vie est changement

Chaque jour me rapproche de ce jour. Un jour phare dans une existence. Dans moins d’un mois , j’aurai cinquante ans. Un âge que je ne m’imaginais pas atteindre à 20 ans. On m’a demandé si cette échéance m’inquiète.

50 ans ? Je vois devant le temps que j’ai encore à vivre sans pouvoir vraiment le définir. Je sais juste qu’il est compté donc précieux. Moins de temps à perdre avec des choses qui n’en valent pas la peine. Plus de temps à profiter de simples bonheurs. Moins de temps à peser le pour et le contre. Plus de temps à réaliser des rêves qui m’enthousiasment. Moins de temps à accorder aux peurs. Plus de temps à nourrir la joie et l’amour.
Je sais aussi le temps que j’ai eu à construire ma vie de femme. La première fois que je suis tombée enceinte, si j’avais écouté les histoires alors véhiculées sur les accouchements, j’aurai pris peur. Mais assez rapidement, je me suis dit qu’accoucher était certainement la chose la plus naturelle qu’il soit. J’ai préféré me fier à ce que je me racontais plutôt que d’écouter des scénarios anxiogènes. Je me suis dit plutôt qu’anticiper le pire, j’aviserai le moment voulu en fonction de ce que je vivrais. À partir de ce moment, j’ai profité de ma grossesse pour créer une relation à mon corps et à la vie qui se déployait en moi la plus bienfaisante possible. À partir de ce moment, le temps est devenu un compagnon de route pour le meilleur.

Aujourd’hui, plus riche de mes histoires intimes, me vient la certitude que mes 50 ans et les années qui suivront seront tout autant imprégnées par mon système de pensées que de la manière dont je ferai face aux circonstances.
L’approche de cet anniversaire donne au temps qui passe une saveur particulière. Je suis curieuse de découvrir celle que je deviens. Le temps, c’est la vie qui encourage notre métamorphose.

L’héritage de ma mère

Des virages à n’en plus finir. Je rends visite à ma mère qui se trouvent dans un centre d’amaigrissement. Le voyage me semble interminable, d’autant que j’ai l’impression que cela fait des mois qu’elle est enfermée dans cette chambre grise où je la découvre assise sur son lit, souriante comme toujours. En réalité, elle y sera restée trois semaines.

Ma mère a toujours caché sa tristesse derrière son sourire. Et de la tristesse, elle en a des tonnes qui pèsent des kilos sur ses hanches. Des kilos qu’elles tentent de perdre au gré de ses innombrables régimes. Tout comme les kilos de colère collés à ses fesses qu’elles n’arrivent pas à déloger définitivement.

Ces douleurs, ces colères, quelles sont elles ?
Des traumas d’enfance et d’adolescence.
Des déceptions de vie conjugale.
La pression sociale qui impose la minceur. 

En la regardant ce jour là sourire, je devine les questions qu’elles se posent : comment aimer son corps quand on est mal dedans ? Comment vivre sa sexualité, sa vie de femme épanouie quand on se s’aime pas ? Comment être heureuse quand son corps limite, enferme, fait souffrir ?

Pour ma mère, pendant une grande partie de sa vie, la réponse à ces questions étaient de suivre des régimes. Pourtant, elle n’a pas cessé de grossir lentement mais sûrement, jusqu’à ce que des pathologies prennent le relais : diabète, asthme, cancer du sein, destruction d’un poumon. Elle rendait son poids coupable de son mal de vivre. Quoi de plus normal que de vouloir éliminer ce qui rend malheureux ? 

La vie de ma mère a façonné la femme que je suis devenue.

j’ai vu ma mère se débattre avec ses problèmes de poids en enchaînant méthode sur méthode, régime après régime. Sans succès. En étant le témoin de ces batailles j’ai compris.

J’ai compris que les régimes ne résolvent rien.
J’ai compris qu’il fallait d’abord s’aimer telle que l’on est pour construire sa vie. 
J’ai compris que les problèmes de poids déplacent l’attention et empêchent de s’occuper des vrais problèmes.

Merci à ma mère de m’avoir tant enseigné.