Confidences

« Prenez garde : tous ne sont pas digne de la confidence » René Char

Bonjour,

J’ai hésité.

Allais-je écrire ce qui suit ici, ou dans un format plus confidentiel, uniquement réservé aux personnes qui se sont abonnées ?

Je me suis  demandé :

N’est-ce pas impudique de se montrer dans sa vulnérabilité comme je vais le faire dans ce qui va suivre ?
Qu’est-ce qui peut justifier de se montrer comme toute nue ?

Et puis j’ai pensé au livre que j’ai lu presque d’une traite ce dimanche matin. Ce premier dimanche depuis des lustres où je me suis octroyée une vraie grasse matinée.

Après un mega bon petit-déjeuner, de ceux que je préfère parce qu’ils contiennent un ingrédient rare, celui qui n’existe pas dans le quotidien, dans la routine. Un ingrédient que je vais nommer « occasion ou exception ». Le même que l’on retrouve quand on fête quelque chose : un anniversaire, un mariage, une réussite.
Dans ces instants, il y a quelque chose qui nous éloigne de notre train train. Quelque chose d’invisible et d’indicible qui crée déjà un souvenir inoubliable. Un moment unique.

 

Dans ce livre les rêveurs d’Isabelle Carré, la comédienne devenue écrivain le temps de ce roman nous confie des pans de son histoire. Elle brise le miroir de l’image que l’on peut avoir d’elle.

Qu’est-ce qu’il m’a fait du bien ce livre !!! Qu’est-ce qu’il m’a pris aux tripes !!! Comme je me suis retrouvée !!! Comme je suis pleine de reconnaissance!!!

Pourtant ce qu’elle nous livre, ce n’est pas le miroir de sa réussite. Non c’est l’envers du décors. Les coulisses.

Derrière le miroir pourtant se joue toute la grâce que l’on peut lui reconnaître à travers ce qu’elle nous donne avec son métier de comédienne.

Je ne sais plus combien cela faisait de temps que je n’avais pas lu de roman.

Tellement prise à vouloir réussir mon travail de coach.

Tout ce que je pouvais faire n’avait d’autres but que cette réussite : faire ce que j’aime pour vivre de ce travail.

Je me suis donc formée encore et encore. Pas moins de cinq formations cette dernière année. À chaque fois que je détectais un manque, une fragilité, qu’elle soit pour communiquer, rendre visible mon travail ou plus personnellement ma relation à l’argent (même si celle-ci touche forcément la sphère professionnelle). Hop je m’engouffrais dans un programme dont j’espérais qu’il me permettrait d’y arriver: enfin vivre de ce que j’aime.

À chaque fois, le cœur confiant et de me dire : Et si c’était la dernière marche pour y arriver

En vérité, cela fait des années et des années que je me forme. D’abord pour pouvoir accompagner, ensuite comme entrepreneuse. Entrepreneuse via le net.

En 2009 ou 2011 je crois, je faisais une formation pour augmenter ma visibilité. C’est là que j’ai découvert l’univers des blogs. C’est là que j’ai crée mon premier blog : un rendez-vous avec soi-même. 
À partir de là, n’y connaissant rien. Je suis d’une génération où internet ne m’a pas vu grandir. À partir de là donc, j’ai avancé pas à pas pour apprendre, comprendre, me familiariser avec cet univers.

Mais cet apprentissage prend de l’énergie. Pour moi cela devait servir mon rêve. Celui de pouvoir accompagner les femmes dans leur épanouissement. Un peu comme si je m’installais à un endroit. Que j’avais choisi le quartier, l’espace, la déco pour accueillir les femmes qui viendraient dans les meilleures conditions.

Je ne regrette rien. Seulement je me rends compte que ce monde est immense et que je n’aurais jamais fini de le parcourir. Comme si mon lieu de travail allait être en perpétuel chantier. En attendant, j’ai besoin comme tout le monde d’argent pour continuer d’avancer. Et ce que j’ai appris, mis en place au fur et à mesure ne me le permet toujours pas.

Alors quoi ? dois-je abandonner mon rêve ou m’accrocher ?

Je me suis demandée ce qui était vraiment le plus important pour moi. J’ai pris un peu de recul par rapport à tout ce que j’ai pu ingérer d’informations pour revenir à moi et à ce que je veux.

Dans le milieu dans lequel j’évolue, celui du développement personnel, de la spiritualité, de la relation d’aide, le danger est de croire qu’il va tout régler. Un peu comme lorsqu’on donne le pouvoir à une religion.

Or il ne règle rien. Celui qui règle quelque chose, c’est soi-même. Et à partir de soi .

Bien sûr, cela donne des repères, un cadre, des outils. Mais même avec les meilleurs outils du monde, si on ne met pas la main à la pâte, il ne se passe rien.

Ce que je veux dire, c’est que j’ai mis trop d’espoirs à l’extérieur de moi. Je me suis perdue à croire qu’il suffisait que je fasse un programme, que je travaille sur mes croyances, mes intentions. Que j’instaure des rituels.

Bien sûr cela n’est pas vain. Mais cela ne crée pas comme par magie ce que je veux.

Quelquefois, j’ai aussi cru que je pouvais moi aussi atteindre le succès tant espéré en me rapprochant de ceux ou celles qui l’avaient atteint ou en tout cas qui disaient l’avoir atteint. Cela me boostait sur le moment. Me donnait une forme de valeur. La valeur que je trouvais à eux (à elles) sans me l’accorder à moi.

Sauf que l’envers du décors, je l’ignorais. Et quand je pouvais parfois en découvrir un peu. Et bien, je m’apercevais que parfois le prix était cher à payer, d’autres fois leur vie privée était soit absente soit en lambeaux , ou encore que ce n’est pas de cette vie à eux que moi je voulais.

Aussi revenir encore une fois à moi et à :

Qu’est-ce que je veux vraiment?

L’autre jour, je confiais à une de mes filles que ma vie serait parfaite si seulement je pouvais avoir l’autonomie financière.

Et vous savez pourquoi je n’ai pas cette autonomie ? Parce que j’ai TOUJOURS privilégié ma famille. Parce que mes choix ont toujours étaient décidés en fonction aussi de ce qui me plaisait. La sécurité quelque part je l’ai grâce à mon mari. Mais la sécurité ce n’est pas l’autonomie.

Pour m’apercevoir que cet objectif était aujourd’hui (cela n’a pas était le cas jusqu’à maintenant) ma priorité.

En juillet dernier, je sautais dans le vide. Combien de fois ai-je lu ou entendu et même répété : saute et le filet apparaîtra ? Mais s’il n’apparaît pas on peut se faire très mal aussi. Peut-être apparaît-il pour certains et pas pour d’autres tout simplement parce que certains sont venus sur terre pour apprendre à voler mais que ce n’est pas le cas pour tous.
Pourtant, je me désinscrivais du chômage où je n’avais plus aucun droit. J’arrêtais tout ce que j’avais mis en place, chambre d’hôtes, travail salarié pour m’assurer une forme de sécurité pour me consacrer uniquement à ce que je veux faire : accompagner les femmes soucieuses de leur poids à retrouver leur liberté alimentaire.
Ce travail là, ça fait un moment que je le construis. Depuis 2012 quand j’ai décidé d’arrêter l’esthétique, depuis 2003 quand j’ai fait ma première relation en relation d’aide. Depuis 1982 et ma première prise de poids conséquente : 7 kilos en 3 semaines. Depuis même avant quand je voyais ma maman se débattre avec ses régimes. Il n’a pas était clair tout de suite. Et il n’est certainement pas assez clair aujourd’hui encore.

Je sais juste que quand j’accompagne une femme à reprendre confiance en elle, à lui faire prendre une énergie qu’elle n’avait plus, à voir son regard sur elle se transformer pour s’aimer un peu mieux et se donner des droits qu’elle ne s’autorisait pas. À lui montrer sa beauté et à l’encourager à oser ce qui l’a fait vibrer. Je sais juste que je suis bien. Que cela me procure une joie profonde.

Aujourd’hui, ce qui est clair pour moi, c’est que ce travail que j’aime me procure aussi beaucoup d’angoisse. Vais-je y arriver ? est la question qui m’obsède. Et qui m’enlève de la légèreté. Un peu comme si j’étais une peintre ou une chanteuse et que mes peintures ou mes chansons ne trouvaient pas leur public.

J’en suis là.

Alors m’accrocher ou abandonner ?

Ni l’un ni l’autre.

Voilà ce que j’ai trouvé sur mon chemin.

Mon angoisse m’a permis de trouver la réponse. Ce que je veux, c’est d’abord une autonomie financière. Car d’elle dépend aussi les moyens de ce que j’ai envie par ailleurs pour mon travail, mais pour ma vie personnelle.

Continuer à peindre ou à chanter quand on es trop tracassé par le comment, c’est à devenir dingue.

Et le travail que je veux exercer peut prendre des années avant qu’il ne me permette d’en vivre. Et je n’ai plus ces années. Et je n’ai plus les moyens financiers pour me consacrer uniquement à cela. Toutes mes économies ont fondu comme neige au soleil.

Mais comme il n’est pas question pour moi d’abandonner, je retourne à mes premières amours : l’esthétique.
Cet été, je travaillerais dans un SPA. Un Spa de luxe. Un Spa 5 mondes dans le meilleur Hôtel de l’endroit où je vis. Je vais apporter mes compétences auprès de quelqu’un qui me fait confiance juste parce qu’il a reçu mon CV et que ce qu’il a entendu sur moi l’a rassuré.

Cela va me donner du souffle. Mais surtout une nouvelle expérience. Et l’opportunité d’un nouveau possible.

Et en ne m’accrochant plus, parce que je ne demande plus à ce travail de coach de m’apporter la réussite avec un grand R, je vais pouvoir l’exercer sans me mettre de pression. De celle qui dessert, qui bouffe l’énergie, qui décourage. Et comme je veux, à mon rythme.

J’enlève les contraintes que demande tout travail non salarié ou pas d’ailleurs, pour ne prendre que le meilleur.

Une page se tourne. À nouveau. À moi d’écrire le prochain chapitre.

Je vais donc commencer par prendre de vraies vacances en me déconnectant complètement, des réseaux, du blog, du site. Ce qui ne m’est pas arrivé depuis … mon dieu je ne sais plus.

Je ne sais pas la suite. Je n’ai pas envie de remplir toutes les pages. Je me laisse tous les possibles

De cœur à cœur avec vous

Sybille ♥

 

 

 

2018-04-30T14:00:18+00:00

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