Intégrité

« Pour bien vivre il faut s’actualiser, se projeter dans le présent. Il faut avoir confiance en soi, en son potentiel, en son intégrité, en son droit de vivre et en son identité propre.  » Daniel Desbiens

Alors que notre dame de Paris est touchée dans son intégrité, c’est le mot qui s’est imposé à ma conscience alors que je méditais.

L’idée de choisir un mot pour se sentir soutenues et inspirées n’est pas la mienne. Je la tiens de Manon Lavoie. Sauf que ce matin, je n’ai pas cherché à trouver un mot, c’est lui qui m’a trouvé. Certainement que c’est ainsi à chaque fois. Sauf que c’est la première fois que j’en prends conscience avec une telle acuité. 

À vrai dire, il s’est immiscé dans ma vie alors que j’interrogeais une personne de confiance sur la manière dont on « apprend » le yoga pour pouvoir le transmettre à son tour. La réponse que j’ai obtenue m’a fait un bien fou, comme une caresse après une journée tendue :

« le yoga n’est pas une discipline quelconque, comme un sport, une activité artistique, … c’est originellement une recherche fondamentale, une prière à la vie…Le yoga, c’est quelque chose de solitaire, de soi à soi … « 

C’est l’expérience que je suis en train de vivre. Depuis longtemps je pratique des activités physiques dans un but de donner à mon corps les moyens d’être dans sa pleine santé. Je me suis souvent égarée sur ce chemin car le sport était plus un moyen de contrôle que d’écoute. Jusqu’à ce que j’intègre le yoga dans ma vie. Je n’ai suivi aucune école. J’ai simplement suivi mon instinct. C’est la raison pour laquelle je vais sur le tapis le plus souvent seule chez moi. Je peux m’accompagner d’un support tel que des vidéos ou à travers certains livres, mais ce n’est qu’à de rares occasions que j’ai fait l’expérience d’un cours « traditionnel ». 

La première fois, encore adolescente, ma mère m’avait amenée à une séance dont j’ai le souvenir encore présent. Nous avions terminé par une visualisation. Je m’étais retrouvée ainsi au milieu d’un paysage merveilleux que j’aurais bien habité le reste de ma vie. Pour mes quarante ans, j’étais partie en Inde où j’avais fait 2 séances avec un yogi. La première, après que le maître m’ait questionné sur ma pratique, m’avait été complètement consacrée puisque je m’étais retrouvée seule (et aussi avec des centaines de moustiques ) avec le maître sur le tapis à 6h du matin. Quel privilège ! La seconde, deux autres occidentaux s’étaient joint à nous. Le maître yogi avait « adapté » le niveau. Je n’avais pas était capable alors d’y voir un chemin de croissance personnelle, étant focalisée sur les bienfaits au niveau du corps. 

Depuis quelques années, après avoir changé mon regard sur les besoins de mon corps et la nécessité d’une pratique physique, je viens donc sur le tapis de manière assez aléatoire. Au gré de mon rythme de vie. Je termine ainsi trente jours consécutifs (c’est la deuxième fois que je fais cette expérience) dont je sors avec l’envie de pratiquer régulièrement à défaut de quotidiennement. Je décide de m’inscrire sur un site consacré au yoga pour y trouver une forme de sécurité. Les trois premières leçons que je prends me font prendre conscience que bien au-delà de mon corps physique, de sensibles transformations opèrent dans mon esprit. Les mots de la conversation plus haut prennent donc toute leur mesure et me donne l’envie de continuer cette prière à la vie que j’ai certainement entamé il y a bien longtemps sans m’en rendre compte.

Je ne sais pas encore comment tout cela va s’agencer dans ma vie. Je sais juste que venir sur le tapis même quand (surtout quand) je rechigne, trace un chemin qui s’éclaire. C’est sur le tapis ce matin, alors que je finissais par dix minutes dans la position du cadavre (quel drôle de nom pour une posture) que le mot du titre, intégrité, a pris tout l’espace. Je l’avais entrevu lors de la conversation, il m’est apparu comme une évidence.

Il sera donc le mot qui va m’accompagner jusqu’à ce qu’un autre vienne le remplacer, jusqu’à ce que certainement j’accueille tout ce qu’il souhaite m’enseigner. En attendant, ce mot qui rentre dans ma vie ainsi, me fait du bien. Il m’apporte de la confiance. Confiance que je mets aussi dans notre capacité à redonner l’intégrité à notre dame de Paris, monument grandement blessé aujourd’hui mais certainement pas mort.

Belle journée 

Sybille

2019-04-16T09:44:07+00:00

About the Author:

Leave A Comment