La chirurgie bariatrique en question

“Pour aider quelqu’un, l’aider vraiment, il faut prendre des risques, mettre sa tranquillité en danger.” Dominique Muller

Une soirée au restaurant entre amis. Une discussion. Un partage. Une confidence.  Mon amie m’apprend qu’elle se fait retirer la moitié de l’estomac dans le cadre d’une démarche médicale, qui lui faciliterait la perte de poids. Poids dont elle souffre depuis longtemps et qui ne lui permet plus d’avoir une vie normale. Elle n’arrive plus à se déplacer sans s’essouffler. Elle ne peut plus s’habiller comme elle le souhaite. Elle ne parvient plus à faire du sport. Ses relations intimes sont compliquées.

Ma réaction de surprise la blesse et crée un grand malaise pour le reste de la soirée.

En vérité, j’ai cédé à l’émotion qui a été la mienne : une profonde tristesse. Chaque fois par le passé, où j’ai appris qu’une personne chère à mon cœur choisissait une telle intervention, le même nœud au ventre, la même sensation d’impuissance. Je suis tellement désolée qu’elles en arrivent à ce que je considère comme une mutilation. N’y a-t-il pas des solutions moins invasives pour régler ce problème de poids? Ce problème de poids n’en cache-t-il pas d’autres bien plus profonds ? Toutes ces questions me renvoient à mes souvenirs d’enfant et  à  l’histoire de ma mère.

Après cette soirée, je décide de me renseigner car je m’interroge sur l’efficacité de cette intervention. Pourquoi la chirurgie bariatrique est-elle si attirante pour les personnes souffrant d’obésité ?

Ariane Grumbach, diététicienne anti-régime, défendant la diversité corporelle et membre référencée du G.R.O.S. (Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids) me répond : Selon elle, on manque encore de recul sur la chirurgie bariatrique, mais à priori les suites ne sont pas toujours très gaies psychologiquement ou en terme de poids. Une prise en charge du comportement alimentaire est recommandé en amont car si les problèmes ne sont pas réglés, ils réapparaissent après la période “lune de miel”.

Je m’interroge sur le prix à payer en terme d’efforts et de renoncements pour retrouver un corps dans lequel on se sent bien. Je m’inquiète des risques et des conséquences : comment se débrouiller avec les grandes contraintes alimentaires que cette opération implique? Comment accepter les contrôles de suivi réguliers et l’inquiétude qu’ils suscitent ? Mes lectures sur internet ne font que multiplier mes questions. Quelles conséquences sur leur quotidien et celui de leur entourage ? Comment apprivoise-t-on un corps qui change si rapidement ? Comment concilier vie sociale et restriction alimentaire ?

Mon amie dont le choix était mûrement réfléchi s’est faite opérer. Maintenant une autre question apparaît : comment la soutenir pour qu’elle réussisse ce bouleversement radical ?

2019-03-28T10:25:09+00:00

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