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Si je te disais que tu n’as pas à te battre contre ce qui est , mais à le reconnaître pour que cette chose se dissipe, se fonde comme du sucre dans une tasse de café? 

Est-ce que cela te permettrait d’adoucir ton expérience ? 

En tout cas c’est la mienne , et j’ai envie de te la partager pour peut-être te donner à voir autrement ce qui aujourd’hui crée dans ta vie du poids, de la contraction et qui sait? te permettre qu’il en soit autrement. 

Reconnaître est une expérience d’abord physique et non mentale. 

J’ai longtemps été comme tu le sais peut-être en proie à des conduites alimentaires qui emprisonnaient ma vie. 

Je dois dire que les plus souffrantes étaient celles où je perdais complètement le contrôle, ou tout du moins l’après qui me faisaient vivre honte et culpabilité. 

Pour autant, même si suivre un régime particulier peut donner l’impression inverse, peut-être que si tu amènes un peu plus de conscience sur l’expérience tu pourras rencontrer les peurs sous-jacentes, les pensées restrictives et ce que cela génère sur ton corps physique de tensions. 

Dans un cas comme dans l’autre finalement , j’étais prisonnière. 

Alors comment sortir de cette prison autrement que par une volonté farouchement accrochée au niveau de l’esprit ? 

C’est là qu’intervient la reconnaissance

Je me suis aperçue qu’aussi longtemps je me battrais contre ce que je vivais, je ne faisais que l’entretenir. 

Le reconnaître entièrement fut donc un premier pas. 

Qu’est-ce que cela signifie le reconnaître entièrement ? 

Cela veut dire ne pas regarder seulement le côté souffrant, mais aussi ce que cela m’apportait. Cela signifie ne pas être dans le jugement mais dans l’accueil autant des pensées que des sensations. Cela signifie ne pas rester du côté de la victime mais voir ma responsabilité.

Reconnaître c’est comme mettre le sucre dans le café , et remuer avec la cuillère pour que le café et le sucre ne fasse plus qu’un. 

C’est arrêter de séparer pour au contraire embrasser l’entièreté de l’expérience. 

Et à partir de là, sans même avoir à forcer, alors l’expérience se transforme, tout comme le café sucré est différent du café noir.

Notre monde ne nous enseigne pas cela. Il nous apprend à combattre en permanence. Mais de ce fait nous manquons de reconnaissance et le manque de reconnaissance génère des tensions, qui si on les fuit de diverses façons, s’amplifient …en guerre

Et la guerre est une impasse. Un état où la mort est en permanence là comme une épée de Damoclès.

Pour sortir de l’impasse, pour stopper la guerre , cela passe par la reconnaissance. Et cela demande beaucoup de courage , courage qui étymologiquement vient du latin “cor” qui signifie cœur.

Et c’est dans le cœur que l’on connecte avec l’amour inconditionnel. celui qui permet d’ouvrir grand les bras à ce qui est, sans le juger, sans vouloir le changer, sans y résister. Alors et seulement à partir de là, il y a dans l’expérience la possibilité d’une ouverture, une permission à l’émergence d’un autre potentiel d’advenir. 

Tu peux dupliquer cela à ce que tu vis à chaque instant. 

Concrètement, cela veut dire que quoi que tu vives, confortable comme inconfortable, tu ne dois pas chercher à t’en détourner mais à laisser être ce qui est présent : les sensations, les émotions, les pensées. En ouvrant l’espace à ce qui est , tu le reconnais comme valide dans ton expérience. Alors une fois reconnu, il peut se dépouiller pour faire de la place à son pendant. 

Si tu laisses la colère t’habiter, alors tu peux faire l’expérience de la douceur, de l’apaisement. 

Si tu laisses la jalousie demeurer dans l’espace de ta conscience autant physique que mentale, alors tu peux ouvrir grand la porte à la joie, à la générosité. 

Si tu accueilles véritablement la tristesse, alors tu peux inviter le bonheur dans ta vie. 

Je reconnais que c’est parfois difficile. Reconnaître la difficulté ce n’est pas l’amplifier, c’est s’accorder le temps nécessaire pour la transcender et permettre à une autre réalité de s’installer sans avoir à la contrôler. 

Comment ? 

Au fil de mon vie, l’écriture m’a aidée

La méditation m’a soutenue

La respiration m’a libérée

Le yoga m’a rassemblée

Mais Il n’y a pas qu’une seule voie, il y a celle(s) que tu choisiras.

Avec toute ma reconnaissance 🙏