Une histoire et une raison suffisent

 

 » L’essentiel pour le bonheur de la vie, c’est ce que l’on a en soi-même. » Arthur Shopenhauer

Assise au premier rang, je recule le moment jusqu’au dernier pour prendre la parole.
Nous sommes une vingtaine de personnes, chacune avec son histoire et au moins une raison qui nous amènent là, en ce début de week-end dans une maison cossue de Montpellier. Si tout se passe bien, il est prévu que nous nous retrouvions encore trois week-end étalé sur trois mois.

Pourquoi faire un travail sur soi ?

Je suis là car j’ai confié à demi-mot mon mal-être à celle qui m’a conviée à ce stage.
Elle, en cursus de formation et donc du côté aidant de la force.
Elle a conquis ma confiance, et vue mon histoire personnelle de violation d’intimité, je peux dire que c’est déjà un petit miracle ou une aide divine comme vous voulez.

Ce jour-là, sans sa présence, je me demande si j’aurais eu le courage de sortir de ma carapace faite en béton armée.

Jusque-là, derrière les belles apparences de la famille de l’ami Ricorée : un mari aimant, deux filles magnifiques, un chien (golden retriever) prénommé Cookies, un chat noir d’une grande beauté, une maison fraichement construite, et un sourire accroché aux lèvres, je vivais dans une prison dont je construisais moi-même les barreaux.

Pour rester mince, je m’astreignais à une vie de régimes divers et variés, à d’innombrables restrictions actualisés selon mes dernière trouvailles en matière nutritionnelle que j’expliquais de façon très rationnelle.
Je ne mangeais plus de viande suite à une émission de télé sur le massacre des éléphants. Mes croyances culinaires me donnaient prétexte à refuser des aliments que je considérais « mauvais » pour ma ligne et ma santé.
Je bannissais tout aliment cuisiné venant de l’industrie agro-alimentaire, m’obligeant à cuisiner que des matières premières dont je croyais qu’elles étaient saines.
Je refusais la plupart des invitations par peur de rompre un régime.
Je faisais des plats différents pour chaque membre de la famille me faisant croire que je respectais les goûts de chacun.
Je pouvais manger avant ou après mes filles en pensant que partager nos repas les ennuyait.

Quand les croyances mènent la danse

Je m’étais construite tout un tas de croyances pour justifier mes comportements alimentaires, n’ayant pas conscience que je m’enfermais ainsi dans une prison de plus en plus étroite avec des barreaux de plus en plus gros.

J’avais bien tenté après la naissance de ma seconde fille en 1996 de me faire aider par un psychologue, psychiatre, psychanalyste  conseillé par ma belle-sœur, médecin de profession.
L’aventure s’est soldée dès notre premiere entrevue.

J’ai donc continué à faire semblant d’être heureuse, à mener une vie dans laquelle je ne me retrouvais pas complètement jusqu’à ce jour de 2004 où, assise au premier rang, en ce début de week-end dans une maison cossue de Montpellier, j’ai attendu que tout le monde soit passé pour dire le pourquoi de ma présence.

Je m’affame avant de craquer et de manger en cachette tout ce qui me passe par la main.
Je suis toujours au régime et puis vient le moment où je dévore jusqu’à ce que mon ventre n’en puisse plus

Je me souviens qu’avant de dire ces mots, j’ai supplié mon amie du regard pour qu’elle les dise à ma place.
Je me souviens de mon mal de ventre.
Je me souviens de peur panique de mourir de honte.
Je me souviens de mes larmes troublant ma vue.

Et puis je me souviens de ma stupéfaction à être encore là après et de mon soulagement à entendre :

Ce dont tu as besoin, c’est de t’ouvrir à la vie.

À ce moment-là, je ne savais pas encore que c’était moi qui ouvrirais les portes de ma prison. J’étais loin de comprendre que j’étais celle qui jusqu’à maintenant les avait ériger.
Je savais juste que les choses ne pouvaient plus durer, qu’il en allait de ma vie comme celle de mon entourage.
Je savais que je me sentais seule et complètement perdue.
Je voulais croire de toutes mes forces restantes que je pouvais m’en sortir même si pendant près de 20 ans j’avais vécu dans les affres de mes comportements alimentaires.

Ce qui avait fini par me convaincre d’entamer une telle démarche, c’est-à-dire, de me jeter dans l’inconnu sans aucune idée de ce qui m’attendait et encore moins d’un objectif clair, c’était ce que je pensais.

Je pensais que je préférais mourir plutôt que de continuer à vivre comme je vivais.
Je pensais que je ne voulais pas transmettre ce dont je souffrais à mes filles, maintenant en âge de comprendre (même si les enfants comprennent à leur façon à tous les ages).
Je pensais que seule je n’y arriverai pas…j’avais essayé tellement de fois pour replonger à chaque fois.

Le corps (r)enseigne

En plus, mon corps contre lequel je me battais depuis si longtemps sans arriver à l’aimer – comment l’ aimer en me battant contre lui ? -, je pesais 48 kg pour 1m65, donnait des signes de fatigues.

J’étais à fleur de peau.

Et bien sûr mon humeur se ressentait à la maison. Je faisais subir ma souffrance à mon entourage ignorant mon mal et impuissant à m’aider.

La lumière au bout du tunnel

C’est donc fébrile mais pleine d’espoir que je suis allée à ce stage. Je ne suis pas allée jusqu’au bout des trois week-end, mais à partir de là, je me suis tournée vers des professionnels pour m’aider à trouver mes ressources et enfin sortir de cette prison pour goûter enfin à la liberté.

Sortir de sa prison alimentaire est un chemin passionnant de construction personnelle. Il est venu nourrir mon estime, ma confiance, m’apprendre à poser mes limites, à prendre soin de mes besoins.

Ma vie n’a eu de cesse de s’ouvrir petit à petit. J’ai suivi mon rythme sans rien m’imposer auquel je ne sois pas prête. Et de créatrice de prison, je suis devenue l’artiste de ma propre vie.

Est-ce que cela signifie que tout est parfait ?

Bien sûr que non et heureusement. La vie n’est pas parfaite. La vie est. C’est ce que nous en faisons qui la rend au plus près de la manière dont nous l’imaginons.
Mais aujourd’hui, je suis capable de relever chaque défi sans me jeter sur la nourriture ou m’astreindre à un énième régime. Aujourd’hui, je vis une relation sereine avec la nourriture. Aujourd’hui, je suis en paix avec mon corps dont j’ai appris à écouter ses messages. Aujourd’hui, j’ai une vie bien plus épanouissante et respectueuse de la personne que je suis.

Ce chemin m’apporte un grand sentiment de fierté. M’être sortie de ces comportements alimentaires mortifères fait partie de mes réussites personnelles qui me rendent bien plus forte, bien plus déterminée dans ce que j’entreprends et prête à dépasser mes peurs pour me rapprocher chaque jour de la vie que j’aime et d’avancer confiante et reconnaissante.

Je vous souhaite une année imparfaite mais remplie d’un goût de liberté, et de retrouvailles avec vous-même

Sybille

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2019-01-17T09:08:38+00:00

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