Comment tout a commencé avec l’hyperphagie ?

 

le début de mon histoire avec l’hyperphagie

 

Ma première crise d’hyperphagie

 

J’avais 12 ans, et je rentrais d’un séjour linguistique de 3 semaines en Angleterre. 

Là-bas, à aucun moment, je ne me suis sentie à ma place. Mes repères étaient absents et je n’attendais qu’une chose : rentrer chez moi. 

 

J’y suis rentrée avec 7 kilos de plus sur la balance. 

Dans ma famille, personne ne m’a dit que ce n’était pas grave ou au contraire s’est inquiété de ce poids pris en si peu de temps. Sans doute parce que dans ma famille, la relation au poids est une très longue histoire. 

 

Tu peux aller lire mon héritage maternel sur cet article si ça t’intéresse. 

 

Quand je suis rentrée, je me souviens. J’étais dans la cuisine, assise à table, devant un bol de céréales et le paquet de muesli de 1kg à côté. Ce jour-là, j’ai quasiment vidé le paquet en un temps record. Si au début, j’éprouvais du plaisir, très vite les bouchées sont devenues incontrôlables.

 

C’était ma première crise d’hyperphagie. Je ne savais même pas que ça existait. La seule chose que je savais, c’est que sur le moment, je me suis sentie apaisée. Plus rien d’autre que manger ne comptait. Je crois que la terre autour aurait pu s’écrouler, rien ne m’aurait fait arrêter le fait d’avaler un bol après un autre de céréales, jusqu’à ce que mon ventre n’en puisse plus et sonne le stop. 

 

Après l’apaisement, l’affolement. mais qu’est-ce qui m’arrive ? Et puis rapidement , la culpabilité et la honte. 

 

Sentiments qui allaient faire partie de ma vie pendant les 20 prochaines années. 

 

La suite de mon histoire avec l’hyperphagie

 

Après cette première fois, je me suis mise au régime. Il faut dire que dans ma famille, ma mère était l’experte numéro 1 des régimes. Mais aussi mes tantes, mon père à un moindre niveau. Mais il se pesait quand même tous les jours voire 2 fois par jour. 

 

Donc quand j’ai entamé mon premier régime, ça a été plutôt bien perçu.

Personne ne s’y est opposé. 

 

Et comme j’ai rapidement perdu le poids que j’avais pris, le fait de me restreindre à été valorisé. Et voilà comment je suis rentrée dans cette spirale infernale de “je fais un régime, je craque”, “je fais un nouveau régime et je re-craque encore”…et encore et encore…

 

Au fur et à mesure de mon adolescence, l’image que j’avais de moi était vraiment mauvaise et même complètement déformée. Je me voyais toujours trop grosse même quand le poids sur la balance me prouvait le contraire. J’étais très complexée par mes cuisses. J’ai d’ailleurs fait faire une liposuccion à l’âge de 18 ans. 

 

Les attouchements que j’ai subi, les mots déplacés, les regards d’envie à mon égard de la part de personnes que je connaissais ou d’illustres inconnus, parfois qui avait l’âge de mon père, ne m’ont pas aidé à prendre confiance dans ce corps que j’avais, ce corps de femme au final. 

 

Les crises d’hyperphagie, elles, allaient et venaient. Je pouvais passer plusieurs mois sans et puis d’un seul coup ne plus m’arrêter d’en avoir pendant 15 jours, voire plus.

 

De plus en plus de crises d’hyperphagie

 

Une des pires périodes en terme de fréquence, ça a été quand je me  suis retrouvée interne en première, alors même que j’avais fait plus ou moins ce choix. Plus ou moins parce qu’à ce moment-là, je venais de réussir à dire à mes parents que je subissais les attouchements de la part de mon parrain. Et comme c’était chez lui et chez mes grands-parents que je devais aller habiter pour poursuivre mes études sur Lyon, et bien l’internat s’est imposé. 

 

Combien d’orgies de chocolatine, croissants, gâteaux, crêpes et j’en passe j’ai pu faire!!!!! 

C’est là que j’ai atteint plus de 70 kg

C’est là aussi que j’ai eu des réflexions de la part d’un médecin pour me dire que je devrais penser à maigrir

C’est là que la nourriture était à la fois mon refuge et ma prison

 

Une prison qui s’appelle hyperphagie

 

Prison qui n’allait faire que se refermer de plus en plus jusqu’à mes 32 ans. 

En cachant comme je pouvais ces comportements. En faisant faire le yoyo à mon corps avec l’alternance des crises d’hyperphagie, suivies de régimes de plus en plus stricts. 

 

Pendant cette période, tout n’a pas été noir. J’avais un amoureux qui est devenu mon mari et le père de mes filles. Nous avons construit notre chalet. Je m’occupais de nos enfants et puis je m’étais organisée pour travailler à la maison. Bref ma vie aurait pu être vraiment chouette, si il n’y avait dans l’ombre , tapis, prêtes à sortir à n’importe quel moment, ces crises d’hyperphagie. 

 

Je mangeais mes émotions comme d’autres boivent leur chagrin ou fument leur mélancolie. 

 

J’étais une vraie droguée de la bouffe. 

 

Et je ne savais pas vers qui me tourner. j’avais perdu confiance envers les médecin 

En parler chez moi, m’était impossible tellement j’avais honte 

Et puis j’avais peur. Peur d’être incomprise. Peur d’être rejetée. Peur d’être abandonnée. Peur de me retrouver seule; Peur qu’on me prenne pour une folle.

 

Sauf que la vie a mis sur mon chemin une personne qui m’a tendu la main sans même savoir vraiment de quoi il en retournait. 

 

Le début de la fin de l’hyperphagie

 

À ce moment-là, j’avais réussi à avouer à mon mari que je mangeais en cachette des quantités astronomiques de nourriture. Aussi, malgré les peurs que j’avais, notamment celle de voir la vie de mon couple, ma famille bouleversée, j’ai pris cette main tendue comme une bouée de sauvetage et je m’y suis accrochée de toutes mes forces.  

 

C’était le début de la fin pour le meilleur à venir. 

 

Si ça t’intéresse dis-le moi et je te raconterai la suite une autre fois.